Le mythe de la conscience collective
- Delphine Kagedan

- 3 août
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 août
La conscience collective n’existe pas. C’est la conscience individuelle qui crée et contribue à la RÉALITÉ COMMUNE.
Je m’explique.
Pour qu’il y ait une conscience collective, il faudrait que tous les êtres humains possèdent et partagent les mêmes valeurs et qu'ils adhèrent à un code moral, ce qui n’est pas le cas et s’avère impossible, de toute façon, sur la planète-école de la dualité et du libre arbitre.
Prenons des valeurs sociales promues comme telles en Occident : le respect, la tolérance, l’entraide, l’équité et la compassion. Sont-elles des valeurs respectées par tous, individuellement autant qu’en groupe, au sein des sociétés occidentales ? Si vous êtes honnête avec vous-même et que vous observez le monde en général, vous vous rendez bien compte que non. Ai-je seulement besoin de donner des exemples ? Les moyens de communication d’aujourd’hui nous offrent une perspective sur le monde permettant une observation et une étude approfondies des comportements humains. Sans en faire une analyse détaillée, nous pouvons tous constater que des groupes comme des individus, quels qu’ils soient, ne respectent pas la base des valeurs sociales. Or, pour que des valeurs soient reflétées dans la réalité, au niveau collectif, il faudrait d’abord qu’elles soient comprises et respectées par le plus grand nombre possible au niveau individuel.
Conscience collective ou conditionnement collectif ?
On ne commence pas à compter avec le chiffre trois, mais bien avec le chiffre un. Un comme individualité, autonomie, indépendance, originalité, libre pensée, ego, ambition et audace. Le chiffre UN correspond au « Connais-toi toi-même » de Socrate et au processus d’individuation de Jung. Il rappelle que le chemin commence et dépend de soi. Le terme conscience, d'ailleurs, renvoie au raisonnement et à la logique, qui sont des facultés mentales propres à l’humain.
Cependant, l’être humain est programmé par son environnement dès son plus jeune âge. Enfant, il adopte spontanément les comportements, les croyances et les traditions hérités. Il ne les remet pas forcément en question à l’âge adulte. En général, il suit la foule, les tendances, copie les ambitions, les croyances, les comportements et les préférences d’autrui et finit souvent par se rallier à une pensée externe dominante. Il expérimente, mais souvent dans des structures qui le confinent à des attentes définies par autrui. Il choisit la case qui lui convient en fonction de ce qui lui est proposé.
Ainsi, l’individu croit se connaître, mais il s'avère avant tout le reflet des attentes et des besoins de son environnement. S’il était né ailleurs, il aurait d’autres croyances, d'autres valeurs, d’autres connaissances, d’autres traditions, etc. Il ne s’agit donc pas de conscience collective, mais bien de conditionnement collectif.

Des valeurs ou de l'ego ?
Le besoin d’appartenance et de validation justifie-t-il d’écarter ses propres préférences, ses valeurs et ses convictions personnelles ? Certainement pas pour quiconque est conscient, c’est-à-dire honnête, authentique et intègre, et adhère à des valeurs et à un code moral humaniste qui met l'accent sur le droit à l’épanouissement de chaque individu.
On ne peut pas reprocher à un individu d'avoir des valeurs. Néanmoins, les valeurs sont parfois mal interprétées et peuvent alors relever de l'ego.
Prenons l’honneur, par exemple. L’honneur reflète un besoin d’appartenance et de reconnaissance du groupe, qui cache, chez certains, la peur insidieuse du jugement et du rejet. Il peut alors être guidé par des limitations mentales, celles infligées par l’idéologie du groupe et son conditionnement ; des peurs, celles du jugement et du rejet en cas de non-conformité ; et l’arrogance, par la perception d’une supériorité sur le plan de la moralité et de la loyauté, par exemple. En réalité, il est contraire à la notion de s’honorer et d’honorer le vivant, ici l’individu, et de le respecter dans son entièreté, en reconnaissant sa différence et son droit à l’épanouissement personnel. Loin d’être un acte de compassion, de tolérance et de respect, il devient un acte de soumission à l’ego qui justifie la destruction.
De même, la tolérance ne signifie pas accepter n’importe quoi ni s’illusionner sur la réalité. La tolérance sans connaissance ni discernement s’avère de l’inconscience qui conduit trop souvent aux abus et à la manipulation. Combien souffrent parce qu’ils sont trop gentils, trop naïfs, trop tolérants envers une personne ou une situation ? Adhérer à des valeurs morales de manière intègre, c’est se connaître suffisamment pour savoir reconnaître et poser ses limites.
Par ailleurs, des valeurs projetées par ego, sous l’emprise de la soumission, par besoin de reconnaissance, par cupidité, par peur du jugement, du rejet ou de la perte, ou par simple arrogance, plutôt que par réelle conviction et adhésion, constituent un manque au code d’éthique personnel et relèvent de l’hypocrisie, voire de la manipulation. Certaines personnes parlent bien tout en agissant mal. Elles vous font croire qu’elles ont de belles valeurs et de bonnes intentions. N’oublions pas toutefois que l’être humain cherche à projeter une image de lui qui lui paraît bénéfique et que des valeurs sans intégrité ne sont que des fondations instables.
Les divisions humaines, symptômes d'inconscience collective
Les divisions humaines concernant le genre, l’âge, les préférences sexuelles, la nationalité, la couleur de peau, la religion — et j’en passe — sont symptomatiques de l’inconscience reflétée dans la réalité collective. Elles sont l’exemple type d'un amalgame où l’on catégorise un individu en fonction d'une caractéristique commune unique à un groupe sans reconnaître la complexité de la nature humaine.
Ceci peut s’avérer normal dans la mesure où certains individus assimilés à un groupe, à une organisation ou à un culte ne font preuve d’aucune autonomie ni d’indépendance d’esprit et ne sont, en fin de compte, que la copie conforme, le clone, d’un autre maillon du groupe. On pourrait alors évoquer une conscience commune, en effet, si une telle conscience existait. Toutefois, le groupe sous l’emprise d’un leader, d’un chef, d’un alpha ou d’une reine n’a pas besoin de conscience. Il n’est pas encouragé à raisonner ni à penser de manière indépendante. Ce n’est pas non plus ce que ses membres recherchent. Ils recherchent avant tout un sentiment d’appartenance, une validation extérieure de leurs ressentis, de leurs croyances et de leurs perceptions.
L’identité individuelle ne se limite pas pour autant à quelques étiquettes physiques, mentales, spirituelles ou culturelles par-ci, par-là. Nous ne sommes pas seulement nos pensées, nos croyances ou notre apparence physique. Nous sommes à la fois nos pensées, nos croyances et notre apparence physique. L’individu est un ensemble biologique unique constitué d’une multitude de caractéristiques qu’il doit apprendre à découvrir et à trier. Chacun a la responsabilité de réaliser sa propre unicité en unifiant tous les aspects de lui-même.
L'individu : un être unique multidimensionnel en apprentissage
Il est impossible que tous les êtres humains adhèrent à un même code moral. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans un monde de dualité et que les individus n’ont pas tous le même niveau de conscience, la même compréhension de l’existence, les mêmes habiletés de discernement, de raisonnement et de reconnaissance de l’intuition. Ils ne naissent pas dans les mêmes circonstances, ne reçoivent pas la même éducation, ne vivent pas les mêmes expériences, et n’ont pas les mêmes intérêts et ambitions. Ils n’héritent pas des mêmes talents, croyances et connaissances. Ils ne vibrent tout simplement pas tous à la même fréquence, ce qui est tout à fait normal et doit être accepté comme tel sur la planète-école du libre arbitre et de la dualité. L’individu conscient ne cherche pas à contrôler les autres. Il vise plutôt la reconnaissance, le respect et la maîtrise de soi.
Non, nous ne sommes pas égaux. Certains en sont à leur dixième cycle de vie terrestre, d’autres au soixantième. Les leçons ne sont pas les mêmes pour tous. Certains ont des vies relativement calmes, alors que d’autres vivent dans l’insécurité. Certains ont des ambitions matérielles, d’autres se concentrent sur l’évolution spirituelle. Tel un programme scolaire individualisé, les apprentissages et le niveau de difficulté dépendent des leçons déjà intégrées. Il n’y a pas de mauvaise réponse ni de mauvaise route. Nous sommes tous, individuellement, en processus d’apprentissage, et nous ne sommes pas tous au même niveau de cheminement personnel. Quoi qu’il en soit, nous arrivons tous au même point de synchronisation à un moment donné, à notre propre rythme.
Pourquoi la conscience individuelle ?
L’existence est diversité. Toutes et tous ont leur raison d’être. La seule différence qui existe réellement entre nous tous, étudiants de la vie terrestre, est déterminée par le niveau de conscience individuelle. Cela se traduit par la capacité à reconnaître sa responsabilité personnelle quant à la réalité collective et à prendre des décisions éclairées en adhérant à des valeurs qui mettent l’accent sur le développement et l'épanouissement personnels de chaque individu.
Chaque individu est sur le chemin du développement de sa conscience, que ce soit de façon consciente ou non, et ce, peu importe son niveau d’apprentissage. Le chemin qu’il emprunte demeure son choix. Il est semé des expériences dont il a besoin pour se reconnaître, développer son intuition et son discernement, et évoluer dans ce cycle de vie.
L’individu est une énergie à la fois physique, mentale et spirituelle. Il est à la fois logique et intuitif, émetteur et récepteur, actif et passif, créateur et destructeur. Il attire ce qu'il projette. Dans cette existence, il peut choisir de vibrer haut, c’est-à-dire de cultiver l’harmonie et la paix en lui et autour de lui, ou bas, c’est-à-dire de créer le chaos et la division, de mentir, de voler, de diminuer ou de dénigrer autrui, par exemple. Il agit ainsi selon ses convictions, ses préférences et son interprétation de l’existence, mais également son ego, ses limitations et ses peurs.
Son rôle, s’il veut évoluer et vivre en paix avec lui-même et les autres, consiste à trouver et à équilibrer toutes les parties qui le constituent : ses émotions, ses valeurs, ses pensées et ses actions. Il doit utiliser son raisonnement et son discernement, suivre son intuition, maîtriser les réactions impulsives égocentriques et bâtir son propre code d’éthique fondé sur des valeurs humanistes. Enfin, il doit se détacher de la pensée mâchée collective, de l’engouement de masse et de l’opinion d’autrui, et respecter son intégrité.

La conscience individuelle définit la réalité collective
La conscience individuelle se bâtit principalement sur nos valeurs et notre degré d’adhésion à un code moral qui reflète ces valeurs. Elle utilise le raisonnement, l’intuition et le discernement pour choisir en fonction de nos connaissances, de nos ressentis, de nos observations et de nos expériences. Elle ne se confond pas avec des connaissances, des croyances ou des valeurs héritées. Elle ne se laisse pas tenter par les influences extérieures. Elle laisse derrière elle la réaction instinctive animale, la recherche de validation et la dépendance à autrui pour reconnaître l’importance de la responsabilité individuelle sur l’évolution personnelle, d’une part, et sur la réalité commune, d’autre part.
Le monde dans lequel nous vivons s’avère simplement la somme de nos consciences et inconsciences individuelles manifestées dans la réalité collective. Plus les vibrations humaines sont basses, plus le monde est chaotique ; plus elles sont élevées, plus elles reflètent l’harmonie et la paix à grande échelle. Ainsi, chaque individu contribue à la réalité collective par l’énergie qu’il émet. Notre réalité commune dépend donc de la conscience de chaque individu.
Pour finir, la conscience collective existera le jour où chaque individu atteindra le même point de synchronisation en matière de conscience, ce qui est impossible dans une structure d’apprentissage fondée sur la dualité. En fait, ce que nous appelons conscience collective relève bien moins d’un état de conscience que d’un état de conditionnement social. Aussi, essayer de changer le monde est utopiste. L’objectif de l’existence consiste plutôt à se transformer intérieurement afin de contribuer à une réalité personnelle et commune plus harmonieuse.
La petite note finale
Tout est vibration. Tout a une fréquence. Chaque individu possède sa propre signature énergétique. Notre fréquence énergétique, alimentée par nos pensées, nos émotions et nos actions, se manifeste dans la dimension physique. Elle crée notre réalité et contribue à la réalité commune. Rien n’arrive par hasard.
Travail de réflexion personnelle
Quelles sont les trois valeurs les plus importantes à vos yeux ?
Avez-vous identifié ce qui est énergivore, vous fait peur, vous rend anxieux ou stressé ou vous empêche d’agir selon vos préférences (ce qui abaisse vos vibrations) ?
Faites-vous le choix d’être compréhensif et bienveillant envers vous-même et les autres ou alimentez-vous le chaos et la division par vos pensées, vos paroles et vos actions ?
Comment souhaitez-vous participer à la réalité collective ?
Avez-vous apprécié la lecture de cet article ? Vous aimerez sûrement :
Vous pouvez aussi nous encourager en faisant un don



Commentaires